D'après un texte de Radio-Canada
Le marché des copropriétés a connu un léger ralentissement en 2025 dans la région de l’Outaouais, selon les données de la Chambre immobilière locale. Si le secteur résidentiel dans son ensemble demeure actif, les ventes de copropriétés ont reculé de 4 pour cent, alors que les propriétés unifamiliales affichaient une progression comparable.
Pour plusieurs observateurs, cette variation s’explique en partie par la mise en œuvre récente de la Loi 16 et par la période d’adaptation qu’elle entraîne. Entrée en vigueur le 14 août dernier, cette réforme introduit de nouvelles obligations structurantes pour les syndicats de copropriété, notamment la tenue d’un carnet d’entretien, la réalisation d’une étude du fonds de prévoyance, l’émission d’une attestation sur l’état de l’immeuble et la protection des acomptes lors de l’achat d’unités neuves.
Selon Roch St Jacques, président de la Chambre immobilière de l’Outaouais, la réforme demeure encore mal comprise par une partie du marché. Cette situation peut susciter certaines hésitations chez les acheteurs, mais elle représente aussi une occasion de mieux s’informer et de sécuriser les transactions, particulièrement pour les premiers acquéreurs.
Du côté des professionnels de la gestion, le constat est clair. Pour Nicholas Girard, propriétaire d’une firme de gestion immobilière dans la région, ces nouvelles exigences constituent une avancée positive. Elles offrent aux copropriétaires et aux acheteurs une vision plus transparente de la santé financière et technique des immeubles, ainsi qu’une meilleure planification des investissements à venir. Cette transparence accrue contribue à renforcer la confiance envers le parc immobilier en copropriété.
Malgré le ralentissement observé en 2025, les perspectives demeurent favorables. La demande est toujours présente et les conditions de financement sont jugées avantageuses. Plusieurs facteurs externes ont aussi influencé le marché au cours de la dernière année, notamment un climat d’incertitude économique et politique ayant temporairement incité certains ménages à reporter leur projet d’achat. Cette période d’hésitation semble toutefois déjà s’atténuer.
Les tendances observées de l’autre côté de la rivière des Outaouais offrent un point de comparaison intéressant. En Ontario, le marché des condominiums a affiché une légère progression, portée notamment par le retour au travail en présentiel à Ottawa et par l’attrait de certains secteurs limitrophes. Fait notable, plusieurs intervenants anticipent que l’obligation de constituer un fonds de prévoyance, désormais bien encadrée au Québec, pourrait inspirer des mesures similaires en Ontario dans un avenir rapproché.
Au final, les données récentes traduisent moins un désintérêt pour la copropriété qu’une phase de transition. La Loi 16 transforme en profondeur les pratiques de gestion et d’achat, en plaçant la planification, la transparence et la responsabilité financière au cœur du modèle. Comme toute réforme structurante, elle nécessite un temps d’appropriation. Mais elle contribue aussi à bâtir un marché plus sain, plus prévisible et mieux protégé pour l’ensemble des copropriétaires.