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Le condo neuf perd de son attrait… mais la bonne gouvernance en copropriété y gagne

Nouvelles

Dans un article paru dans le journal La Presse le 4 février 2026, il est rappelé une réalité qui préoccupe depuis plusieurs mois les acteurs du marché immobilier : le condo neuf peine à séduire. Une analyse réalisée par un économiste de la Société canadienne d’hypothèques et de logement confirme ce que plusieurs promoteurs, courtiers et acheteurs constatent déjà sur le terrain.

Dans certains secteurs du Grand Montréal, le prix d’un condo neuf peut dépasser de 15 % à 30 % celui d’un condo comparable construit entre 2015 et 2019. Cet écart est particulièrement marqué au centre-ville de Montréal, à Longueuil et à Brossard, où la capacité financière des acheteurs se heurte de plein fouet à la hausse soutenue des coûts de construction.

Une pression économique difficile à absorber

L’article de La Presse du 4 février 2026 met en lumière un élément central de cette problématique : l’augmentation des coûts liés aux matériaux, à la main-d’œuvre et au financement rend de plus en plus difficile, pour les promoteurs, la livraison d’unités à un prix concurrentiel. Cette réalité explique en grande partie le ralentissement marqué des mises en chantier de copropriétés neuves observé depuis quelques années.

Alors qu’il se construisait presque quatre fois plus de copropriétés il y a une dizaine d’années, les chiffres actuels témoignent d’un net recul, tant dans la grande région métropolitaine que dans plusieurs municipalités périphériques.

Un paradoxe : la copropriété demeure prisée

Ce ralentissement du marché du neuf ne doit toutefois pas être interprété comme un désintérêt pour la copropriété. Bien au contraire. Comme le souligne également l’article de La Presse, les ventes de condos ont progressé au Québec, confirmant que la copropriété demeure une voie d’accès privilégiée à la propriété, notamment pour les premiers acheteurs.

Cette vitalité se manifeste surtout sur le marché de la revente. Les copropriétés existantes, souvent offertes à un prix plus abordable que les unités neuves, répondent davantage aux capacités financières actuelles des ménages.

Le centre-ville de Montréal : un marché à part

Le texte publié le 4 février 2026 souligne également la situation particulière du centre-ville de Montréal. On y retrouve une proportion importante des copropriétés à vendre à l’échelle provinciale, ce qui confère aux acheteurs un rapport de force plus favorable. L’absence de nouveaux projets dans ce secteur illustre bien le climat d’attentisme qui caractérise actuellement le marché du condo neuf.

La Loi 16 : un facteur souvent mal compris

L’article de La Presse rappelle aussi le rôle structurant de la Loi 16 dans cette dynamique. Les nouvelles exigences imposées aux copropriétés, notamment en matière de fonds de prévoyance, ont un impact direct sur les charges communes des immeubles neufs.

À première vue, cette hausse peut sembler dissuasive pour certains acheteurs. Pourtant, cette lecture mérite d’être nuancée. Le fonds de prévoyance constitue un outil fondamental de saine gestion, destiné à assurer le financement des réparations majeures et du remplacement des parties communes. Son objectif est clair : éviter les cotisations spéciales imprévues qui ont, dans le passé, fragilisé de nombreux copropriétaires.

La bonne gouvernance : un atout sous-estimé

C’est ici que le ralentissement du condo neuf doit être replacé dans une perspective plus large. Les syndicats de copropriétaires qui ont mis en place une gouvernance rigoureuse – respect des obligations légales, planification à long terme, gestion financière prudente et transparente – se démarquent positivement dans ce nouveau contexte.

Loin d’être un fardeau, une copropriété bien administrée devient un facteur de sécurité et de valeur. À moyen terme, les acheteurs seront de plus en plus sensibles à la qualité de la gouvernance, à la solidité du fonds de prévoyance et à la conformité de l’immeuble aux exigences légales.

Un déplacement temporaire vers le locatif

Pendant que le marché du condo neuf ralentit, l’article de La Presse du 4 février 2026 rappelle que la construction de logements locatifs connaît une croissance sans précédent au Québec. Cette tendance répond à des besoins urgents en habitation, mais elle ne remet pas en cause le rôle fondamental de la copropriété dans l’écosystème immobilier québécois.

En conclusion

Le recul de l’attrait du condo neuf, tel que documenté dans l’article de La Presse du 4 février 2026, marque avant tout une période de transition. Les règles ont changé, les attentes aussi. Dans ce contexte, la gouvernance devient un élément déterminant.

Les syndicats de copropriétaires qui ont anticipé ces changements et adopté des pratiques exemplaires se trouvent aujourd’hui mieux outillés pour traverser cette phase d’ajustement. Pour les acheteurs, le message est clair : le prix d’achat ne suffit plus à évaluer la qualité d’une copropriété.